La dame de Shalott

Publié le par Cédric Cavet

Coucou !

Passionné par les légendes celtiques, j'ai décidé de vous faire découvrir une très beau poème. Celui-ci est " La dame de Shalott " et conte l'histoire d'Elaine d'Escalot qui était follemment amoureuse de Lancelot du Lac. Celui-ci est de Alfred Tennyson, qui était un poète  anglais qui vécut pendant le règne de la reine Victoria et qui puisa son inspiration dans les mythes arthuriens. Pour les plus curieux, cliquez sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Tennyson 

Tout d'abord, voici une peinture représanant la belle Elaine

Ce tableau est l'ouvre d'un peintre anglais du nom de John William Waterhouse. Si vous souhaitez en savoir plus sur lui, je vous invite à cliquer sur http://fr.wikipedia.org/wiki/John_William_Waterhouse

Maintenant voici, ce merveilleux poème qu'est " La dame de Shalott "

La Dame De Shalott

 

 

 

 

 

  

 

 


De chaque côté de la rivière il y a

De grands champs d'orge et de seigle,

Qui recouvrent le monde et rejoignent le ciel,

Et à travers ces champs serpente une route

Jusqu'à Camelot et ses nombreuses tours ;

Et les gens vont et viennent

Regardant fleurir les lys

 

 

 

Des saules blanchis, des trembles frémissants,

De petites brises, l'obscurité et le frisson,

A travers l'onde éternelle qui s'écoule

Près de l'île, dans la rivière,

Jusqu'à Camelot.

Quatre murs gris, et quatre tours grises,

Dominent un espace de fleurs,

Et l'île silencieuse renferme

La Dame de Shalott.

   

Seuls des paysans, moissonnant de bonne heure,

Au milieu de l'orge barbu,

Entendent une chanson pleine de gaieté

Qui descend la rivière en serpentant

Jusqu'à l'imposant Camelot.

Et sous la Lune les moissonneurs se fatiguent

A empiler des gerbes sur ces hauts terrains dégagés,

Ecoutant, des murmures : " voici la fée,

La Dame de Shalott. "

   

C'est là qu'elle tisse nuit et jour

Une toile magique aux couleurs gaies.

On lui a murmuré

Qu'une malédiction s'abattrait sur elle si elle restait

Et baissait les yeux vers Camelot.

Elle sait qu’elle pourrait être cette malédiction,

Alors elle continue de tisser,

Et c'est à peine si elle se soucie des autres,

La Dame de Shalott.

   

Et à travers un miroir clair

Accroché devant elle toute l'année,

Les ténèbres du monde apparaissent.

Elle y voit la grand'route

Qui serpente vers Camelot.

Et quelquefois à travers le miroir bleu,

Les chevaliers arrivent deux par deux à cheval.

Elle n'a pas de chevalier loyal et droit,

La Dame de Shalott.

   

Mais elle prend quand même du plaisir avec sa toile,

A dessiner les images magiques du miroir,

Car souvent déchirant ces nuits silencieuses,

Des funérailles, avec des panaches, de la lumière,

Et de la musique allaient à Camelot.

Ou quand la Lune était haute dans le ciel,

Venaient deux jeunes amants fraîchement mariés.

" Les ténèbres me rendent presque malade " disait

  La Dame de Shalott.

   

Un regard par l'avant-toit de sa chaumière,

Il chevauchait entre les gerbes d'orge,

Le soleil apparut, aveuglant, entre les feuilles,

Et s'enflamma sur l'armure cuivrée

Du hardi Sire Lancelot.

Un chevalier à la croix rouge pour toujours agenouillé

Devant une dame avec son bouclier

Qui scintille sur ce champ doré,

A côté de l'isolée Shalott.

   

Son large front rayonnait au soleil ;

Son destrier avait des sabots dorés ;

De son heaume dépassait par derrière

Des boucles d'un noir de charbon alors qu'il chevauchait,

De retour vers Camelot.

Depuis la berge et depuis la rivière,

Il apparaissait furtivement dans le miroir de cristal,

Le long de la rivière, " Tirra Lirra "

Chantait Sire Lancelot.

   

Elle laissa sa toile, elle laissa son métier à tisser,

Elle fit trois pas à travers la pièce,

Elle vit le nénuphar en fleur,

Elle vit le heaume et le plumeau,

Elle baissait les yeux vers Camelot.

La toile s'envola au loin vers l'eau ;

Le miroir se brisa de part en part ;

" La malédiction s'abat sur moi " s'écria

La Dame de Shalott.

   

Dans un fort vent venant de l'est,

Le jaune pale de la forêt déclinait,

Le large ruisseau se plaignait.

Du ciel bas tombait une lourde pluie

Sur l'imposant Camelot ;

Elle descendit et trouva une barque

Qui flottait sous le saule,

Et vers la proue elle écrivit

La Dame de Shalott.

   

Et en bas de la sombre étendue de la rivière,

Comme une voyante en transe,

Contemplant sa malchance,

Avec un regard vitreux,

Elle regardait Camelot.

Et à la fin du jour

Elle détacha la chaîne et s'allongea ;

Le fort courant l'emporta au loin,

La Dame de Shalott.

   

On entendit un chant, mélancolique, sacré,

Chanté fort, chanté tout bas,

Jusqu'à ce que son sang ne se glace, lentement,

Et que ses yeux s'assombrissent totalement,

Dirigés vers l'imposant Camelot.

Et avant que le courant ne l'amenasse

A la première maison au bord de l'eau,

Avec ce chant elle périt,

La Dame de Shalott.

   

Sous une tour et un balcon,

Le long d'un mur de jardin et d'une tribune,

Elle flottait près d'une forme étincelante,

Livide entre les hautes demeures.

Le silence se fit à Camelot.

Et ils vinrent sur les quais,

Le Chevalier et le Citoyen, le Seigneur et la Dame,

Et sur la proue ils purent lire son nom,

La Dame de Shalott.


   

Qui est-ce ? Qu'est-ce là ?

Et dans le proche palais illuminé

Disparut le son de la gaieté ;

Et de peur ils firent tous le signe de croix,

Tous les chevaliers de Camelot ;

Mais Lancelot se mit à méditer dans un coin.

Il dit : " elle a un joli visage ;

Dans sa miséricorde Dieu lui a donné la grâce,

A la Dame de Shalott. "

Sachez que celui-ci à inspirer une talenteuse chanteuse, Loreena McKennitt (pour ceux qui ne la connaisse pas, vous pouvez son site officiel http://www.quinlanroad.com ). Voici un très beau live : http://www.youtube.com/watch?v=MU_Tn-HxULM et pour les amoureux de langue anglaise voilà le texte original du grand Alfred Tennyson.

 

 

 

The Lady of Shalott
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On either side the river lie
Long fields of barley and of rye,
That clothe the wold and meet the sky;
And through the field the road run by
To many-tower'd Camelot;
And up and down the people go,
Gazing where the lilies blow
Round an island there below,
The island of Shalott.

Willows whiten, aspens quiver,
Little breezes dusk and shiver
Through the wave that runs for ever
By the island in the river
Flowing down to Camelot.
Four grey walls, and four grey towers,
Overlook a space of flowers,
And the silent isle imbowers
The Lady of Shalott.

Only reapers, reaping early,
In among the beared barley
Hear a song that echoes cheerly
From the river winding clearly;
Down to tower'd Camelot;
And by the moon the reaper weary,
Piling sheaves in uplands airy,
Listening, whispers, " 'Tis the fairy
The Lady of Shalott."

There she weaves by night and day
A magic web with colours gay.
She has heard a whisper say,
A curse is on her if she stay
To look down to Camelot.
She knows not what the curse may be,
And so she weaveth steadily,
And little other care heat she,
The Lady of Shalott.

And moving through a mirror clear
That hangs before her all the year,
Shadows of the world appear.
There she sees the highway near
Winding down to Camelot;
And sometimes through the mirror blue
The knights come riding two and two.
She hath no loyal Knight and true,
The Lady of Shalott.

But in her web she still delights
To weave the mirror's magic sights,
For often through the silent nights
A funeral, with plumes and lights
And music, went to Camelot;
Or when the Moon was overhead,
Came two young lovers lately wed.
"I am half sick of shadows," said
The Lady of Shalott.

A bow-shot from her bower-eaves,
He rode between the barley sheaves,
The sun came dazzling thro' the leaves,
And flamed upon the brazen greaves
Of bold Sir Lancelot.
A red-cross knight for ever kneel'd
To a lady in his shield,
That sparkled on the yellow field,
Beside remote Shalott.

His broad clear brow in sunlight glow'd;
On burnish'd hooves his war-horse trode;
From underneath his helmet flow'd
His coal-black curls as on he rode,
As he rode down to Camelot.
From the bank and from the river
He flashed into the crystal mirror,
"Tirra lirra," by the river
Sang Sir Lancelot.

She left the web, she left the loom,
She made three paces through the room,
She saw the helmet and the plume,
She look'd down to Camelot.
Out flew the web and floated wide;
The mirror crack'd from side to side;
"The curse is come upon me," cried
The Lady of Shalott.

In the stormy east-wind straining,
The pale yellow woods were waning,
The broad stream in his banks complaining.
Heavily the low sky raining
Over tower'd Camelot;
Down she came and found a boat
Beneath a willow left afloat,
And around about the prow she wrote
The Lady of Shalott.

And down the river's dim expanse
Like some bold seer in a trance,
Seeing all his own mischance -
With a glassy countenance
Did she look to Camelot.
And at the closing of the day
She loosed the chain, and down she lay;
The broad stream bore her far away,
The Lady of Shalott.

Heard a carol, mournful, holy,
Chanted loudly, chanted lowly,
Till her blood was frozen slowly,
And her eyes were darkened wholly,
Turn'd to tower'd Camelot.
For ere she reach'd upon the tide
The first house by the water-side,
Singing in her song she died,
The Lady of Shalott.

Under tower and balcony,
By garden-wall and gallery,
A gleaming shape she floated by,
Dead-pale between the houses high,
Silent into Camelot.
Out upon the wharfs they came,
Knight and Burgher, Lord and Dame,
And around the prow they read her name,
The Lady of Shalott.

Who is this? And what is here?
And in the lighted palace near
Died the sound of royal cheer;
And they crossed themselves for fear,
All the Knights at Camelot;
But Lancelot mused a little space
He said, "She has a lovely face;
God in his mercy lend her grace,
The Lady of Shalott."
.

Alfred Lord Tennyson

 

 

 

 

Enfin en bonus, j'ai déniché un court métrage inspiré du poème. La chanson de fond est "Isobella" par Enya  http://www.youtube.com/watch?v=-Fw5xcDey2U. Voilà le voyage dans au pays de Camelot est terminé pour aujourd'hui...

A bientôt Rêveur et Rêveuse !

Cédric !

Publié dans saef

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Commenter cet article

Lisbei 22/08/2016 11:49

Merci pour cet article, je cherchais une traduction pour mieux comprendre ce poème, c'était parfait !